Une rencontre plutôt qu’un film pédagogique
Kiki dans le groupe est le dernier film de János Xantus, tourné en 2010. Il est né d’un travail psychodramatique enregistré par plusieurs caméras, mais son intention était de transmettre l’expérience plutôt que de fournir une explication technique de la méthode.
La force de l’ici et maintenant
L’action psychodramatique amène une situation passée ou imaginée dans le présent. Le montage et les gros plans façonnent nécessairement ce que nous voyons, mais le risque et la spontanéité du processus restent sensibles : la phrase ou le geste suivant n’est pas entièrement écrit d’avance.
Le groupe comme champ relationnel actif
Le film montre que le psychodrame n’est pas l’histoire privée d’une seule personne jouée devant les autres. Les membres prennent des rôles, participent par leur attention et leur présence corporelle, puis se relient au travail par leurs propres expériences. Le récit reste personnel tout en devenant partagé.
Rôle, changement de rôle et perspective
En changeant de place, un participant peut entrer dans le rôle d’un autre puis regarder sa propre scène de l’extérieur. Le changement de rôle ne lit pas les pensées et ne prouve pas ce que l’autre ressentait. Il assouplit l’idée qu’il n’existerait qu’une seule interprétation possible.
Que fait la caméra à l’espace intime ?
Le film rend visible un processus habituellement protégé par la confidentialité et un cadre fermé. Des limites claires et le consentement sont indispensables, mais la caméra n’est jamais neutre. Le spectateur porte lui aussi une responsabilité : la vulnérabilité des participants demande une attention sans jugement.
Ce que le film montre – et ne peut remplacer
Le film rapproche de l’action, des silences, de la résonance du groupe et de l’apparition de nouveaux sens. Le spectateur ne devient toutefois pas membre du groupe et ne partage pas la responsabilité mutuelle du processus. Le film ouvre une fenêtre rare sur le psychodrame sans remplacer une participation personnelle.

